Vêtements de seconde main, électroménager remis en état, mobilier de récup’, les ressourceries développent des activités innovantes sur les territoires pour favoriser le réemploi des déchets et les sortir du circuit de la destruction ou du recyclage. En Belgique, comme en France, les ressourceries souhaitent voir reconnu leur rôle, tant sur le plan environnemental que social et économique. Les ressourceries créent des emplois pour des personnes en situation d’insertion. L’arrêté ministériel pris en 2009 conjointement par les ministères de l’économie et de l’environnement de la région wallonne va dans ce sens. "Le secteur, en particulier pour les textiles de seconde main, vit une crise car les marges sont faibles. La baisse générale de qualité des vêtements, limite la récupération et les soldeurs exercent une réelle concurrence", constate Joëlle Soir, conseillère auprès du ministre de l’économie wallon.
Reconnaissance professionnelle
Un premier arrêté d’application pris fin décembre 2009 prévoit une aide au poste complémentaire des aides à l’insertion : 2000 € par an et par emploi consolidé et 3000 € par emploi créé. Par ailleurs, une aide à la professionnalisation attribue jusqu’à 10 000 € pour favoriser l’investissement dans un projet de création et de développement de lieu de vente des produits issus du réemploi*. "C’est une reconnaissance pour notre secteur, se réjouit Cécile Patris, coordinatrice de Res-sources, réseau des ressourceries de Wallonie et Bruxelles. Historiquement, l’économie sociale travaillait en marge des opérateurs traditionnels de la filière des déchets".
Développement territorial
L’agrément, auquel trois ressourceries ont déjà accédé, est attribué par l’Office wallon des déchets en charge de la mise en application du plan régional de gestion des déchets. Au-delà de l’aspect financier, le dispositif d’agrément reconnaît donc aux ressourceries leur rôle dans la filière déchet. C’est un signal fort donné aux intercommunalités qui ont la responsabilité, en Wallonie, de gérer le marché de la collecte et du traitement des déchets.
En France, les ressourceries sont plus avancées en tant qu’acteur de prévention et de sensibilisation. En Wallonie, nous avons eu à insister sur la viabilité du projet industriel car nous travaillons en partenariat avec des communes soucieuses de notre efficacité économique, explique Tanguy Ewbank, chargé de mission à Res-sources.
Actuellement, cinq ressourceries en Wallonie se développent sur des bassins de population de 200 000 habitants avec une trentaine d’emplois à la clé. Il en faudrait 15 de plus pour couvrir le territoire wallon. Suite au vote de l’agrément, le gouvernement wallon a déjà annoncé plancher sur les scénarios aptes à "promouvoir l’implantation de nouvelles ressourceries". Une étape supplémentaire alors que se discute actuellement le nouveau plan décennal de gestion des déchets de la Région.
Philippe Chibani-Jacquot
* Le texte d’application n’a pas encore été publié par le ministère de l’Environnement.
Contact :
Cabinet de Jean-Claude Marcourt
Ministre de l’économie Région Wallonne
Tél. : 003 81 23 41 59
Copyright photo © RES-SOURCES







