Pour favoriser les produits de l’agriculture biologique, le conseil régional d’Auvergne et le conseil général du Puy-de-Dôme (CG 63) avaient voté en 2005 le financement du surcoût des repas 100 % bio dans les cantines sous leur responsabilité*. Deux ans après, la mesure montrait ses limites : malgré la demande, les commandes ne décollaient pas faute de trouver des fournisseurs de proximité capables de proposer la variété nécessaire à un repas bio complet. Les deux collectivités territoriales ont alors financé une étude de faisabilité en vue de la création d’une plateforme de distribution de produits bio et locaux gérée par les producteurs eux-mêmes.
Un nombre de repas bio multiplié par onze
En octobre 2007, la Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) Auvergne bio distribution était créée. Le statut de Scic répondait à la volonté des producteurs de continuer le projet initié au sein de l’association interprofessionnelle Auvergne biologique, tout en lui apportant une dimension entrepreneuriale forte et cadrée par un statut qui "fait primer l’intérêt collectif sur l’intérêt de ses membres", explique Nathalie Carthonnet, la gérante de la Scic. Elle réunit dans son capital des producteurs, des transformateurs et une dizaine de collectivités territoriales dont le CG 63. En trois ans d’activité, le nombre de repas bios (complets ou partiels) fournis par la coopérative est passé de 40.000 à 461.000. "La Scic a participé à la politique incitative de la Région en faveur de la conversion bio des exploitations et a permis de répondre à la demande de la restauration scolaire", constate Marie-José Chassin, vice-présidente en charge de l’agriculture et de la ruralité au conseil régional. Le chiffre des conversions de producteurs à l’agriculture biologique a atteint les 100 en 2009, contre une moyenne de 20 les années antérieures.
500.000 € d’investissement
La Scic a notamment bénéficié de différents dispositifs d’aides aux entreprises tel que subvention d’équipement ou de fonctionnement dans le cadre de contrats de filières ou d’appui à l’installation de PME en zone rural ou encore de l’Aide régionale aux fonds propres (ARFP) du conseil régional. L’ARFP apporte un financement en deux temps : une avance remboursable, puis une subvention débloquée en fonction de la réussite des objectifs en terme de création d’emplois. Le poste de logisticien a été financé en amont de la création effective de la Scic par la Région, puis par le CG 63 qui apporte 40 % du coût salarial jusque fin 2010. Début novembre, la Scic intégrera des nouveaux locaux à Combronde (Puy-de-Dôme). Le bâtiment industriel de 300 m2, en cours de finition, a nécessité 500.000 € d’investissement fournis par l’ensemble des collectivités locales concernées (Région, CG 63, Communauté de communes des Côtes de Combrailles). Propriété de la communauté de commune, Auvergne distribution en sera le locataire pour développer sa capacité et, pourquoi pas, s’ouvrir à d’autres marchés que la restauration scolaire.
Philippe Chibani-Jacquot
* Les lycées pour le conseil régional, les collèges et les restaurants communaux pour le conseil général.
Contacts :
Stéphanie Lesage, chargée de mission agriculture biologique / durable
Conseil régional d’Auvergne
s.lesage@cr-auvergne.fr
Nicolas Portas, chargé de mission agriculture biologique
Conseil général du Puy-de-Dôme
nicolas.portas@cg63.fr
Auvergne bio distribution : www.auvergnebiodistribution.fr







