"La première idée était de faire un marché bio. Mais la connotation élitiste posait problème", raconte Jean-Pierre Divet, le conseiller municipal qui a conduit le projet. Alors il se tourne vers les circuits courts et la vente directe par les producteurs. La grande majorité des 15 exposants réguliers sont des producteurs locaux (maraîchers, apiculteur, boulanger, fromager, traiteur…) et tous s’engagent à respecter la charte du marché qui garantie la transparence sur l’origine des produits, leur mode de production durable, ainsi que la gestion participative du lieu de vente. Un comité de pilotage où sont représentés élus, consommateurs et exposants est notamment chargé de surveiller le respect de la charte.
Esprit festif
"Certains clients ne repartent du marché qu’avec une salade mais ils viennent parce qu’ils savent qu’ils vont rencontrer du monde", se réjouit Jean-Pierre Divet. Détail qui a son importance, le marché a été fixé le samedi matin pour en faciliter l’accès. Le marché paysan est devenu rapidement un lieu festif avec l’organisation d’animations comme le spectacle de fin d’année d’une classe de maternelle. Un instituteur avait choisit de faire du marché le cadre de son projet pédagogique, les enfants commençant par se fournir en graine auprès des maraîchers pour aboutir à la vente de leurs propres légumes sur le marché, et venir y faire leur spectacle de fin d’année. Côté producteur, les liens de coopération se sont multipliés au fil des deux ans d’existence du marché. Un maraîcher annonce ses absences aux autres qui ajusteront leur stock ; le rôtisseur se fournit en pomme de terre chez l’un des maraîchers…
Développement économique local
L’Inra relève par ailleurs le renforcement de l’activité de certains des exposants. Selon l’étude de l’Inra, le marché paysan a permis de pérenniser deux emplois et suscité une création d’activité localement. Ce dynamisme économique a favorisé l’approfondissement de démarches responsables de productions. Certains maraîchers ont pu diversifier leur production et abandonner en partie les filières longues de commercialisation. Au-delà du lien social, l’étude de l’Inra constate l’importance d’un marché à taille humaine et en en circuits courts pour propager, parmi les producteurs et les consommateurs une culture de consommation citoyenne et de production responsable. "Les gens posent des questions sur les pratiques de production et sur des recettes par ex., mais certains n’osent pas poser de questions sur l’origine ou les pratiques", constate Clémence Morinière, qui a coréalisé l’étude de l’Inra. Un code couleur sur les ardoises a été mis en place récemment pour faciliter l’identification de l’origine des produits (soit en vente directe, soit en circuit court avec un intermédiaire, soit hors circuits courts). "D’autre part, les gens ne sont que très faiblement sensibilisés aux questions du prix d’un produit. La reconnexion au produit est faite, mais pas la reconnexion à l’activité agricole qu’il y a derrière", résume-t-elle. Le projet d’organiser des visites à la ferme pour les consommateurs ou d’installer un lieu d’information sur le marché sont envisagés pour renforcer le rôle du marché paysan.
Philippe Chibani-Jacquot
Contacts :
Ville de Grabels
Jean-Pierre Divet
04.67.10.41.00
mairie@ville-grabels.fr
www.ville-grabels.fr
Inra Montpellier
Clémence Morinière, chargée de mission coordination territoriale des circuits courts
04.99.61.26.44
morinier@supagro.inra.fr







