A contrario de la France, le pouvoir politique des neuf régions anglaises est encore relativement faible. Les régions ont toutefois été réformées en 2010 pour disposer d’assemblées élues au suffrage direct et le gouvernement de David Cameron a annoncé un transfert de compétence vers les autorités locales dans les prochaines années. Le principal interlocuteur institutionnel des acteurs régionaux de l’économie sociale était jusqu’à maintenant les Agences de développement régional (Regional Development Agency).
Du partenariat à la prestation
Dans la Région du Sud-Est, au sud de Londres, c’est la South East Economic Development Agency (SEEDA) qui a d’ailleurs impulsé le regroupement formel des réseaux de l’économie sociale par un appel à projet en 2006. En juillet 2008, l’organisation était opérationnelle. Le SE2 Partnership a vécu, jusqu’à maintenant, principalement des fonds versés par la SEEDA au titre de la coordination régionale des réseaux. Actions de formation, programme de visites d’entreprise, outils d’appui et d’expertise au service de la création ou du développement d’entreprises sociales… la panoplie des actions est complète. Par exemple, 98 entreprises se sont vues financer une mission d’expertise entre 2009 et 2010 pour un montant de 288.000 €. La SEEDA, comme certaines autorités locales (la collectivité régionale, le comté – département – du Ouest-Sussex, par exemple) sont membres et elle siège au Conseil d’administration. La situation va beaucoup évoluer à partir de mars 2011. Cette date marque le terme du financement de la SEEDA qui disparaitra, comme toutes les RDA d’ici 2012. Cette décision correspond à un vaste mouvement de décentralisation destiné à alléger les charges de l’État. Ses compétences seront transférées aux différentes collectivités locales ("local authority") que sont la région et les comtés.
"Nous avons été mis au courant de cette évolution l’année dernière, raconte Rachel Crossey, responsable du développement opérationnel de SE2. Nous avons travaillé à réduire nos dépendances en construisant des réserves financières et en accroissant la part de nos contrats de prestations."
Une entreprise comme tête de réseau
Un discours qui laisse transparaître la nature entrepreneuriale de la tête de réseau. SE2 est une société à responsabilité limitée par garantie, ce qui correspond à un statut de société commerciale qui s’interdit de distribuer des dividendes. C’est l’un des statuts d’entreprise sociale disponible en Grande-Bretagne à côté des coopératives et des "Community Interest Company". Cette nature commerciale aura à s’approfondir du fait de la disparition du partenariat avec la SEEDA : "la pérennisation financière reposera sur le développement d’une stratégie claire de financement [organisée à partir d’]un flux constant de fonds publics (…) une capacité à accroître significativement la part des recettes directes issues de prestations (…) notre capacité à constituer des réserves", explique Rachel Crossey.
L’une des missions de SE2 auprès des collectivités publiques est de forger cette culture de partenariat public privé que le gouvernement britannique appel de ses vœux en lançant son projet de "Big Society" (cf. Article "La grande société" et le tiers secteur) qui devrait reformuler en profondeur le mode de "production" des services publics locaux.
Philippe Chibani-Jacquot
Contact :
SE2 Partnership
Rachel Crossey, directrice du développement opérationnel
info@se2partnership.co.uk
SEEDA :
www.seeda.co.uk







